La santé environnementale en débat

La santé environnementale en débat

Cycle de conférences – Automne 2019

Organisé par Alexandre Klein (Université Laval), Gabriel
Girard (ESPUM) et Pierre-Marie David (Université de
Montréal) pour le réseau de recherche Québec Sciences Sociales et
Santé (Q3S)

Les séances se déroulent à l’Université du Québec à Montréal, salle N-8510

Dans son dernier rapport Global Environment, publié le 4 mars 2019, l’Organisation des Nations Unies établissait que la pollution était désormais responsable d’un quart des maladies et des morts dans le monde. Les contaminants chimiques, les perturbateurs endocriniens ou les médicaments présents dans les eaux usées témoignent de cet environnement devenu toxique qui affecte directement notre santé comme celle des générations futures. Quelques semaines auparavant, l’Organisation Mondiale de la Santé avait également classé la pollution atmosphérique et le changement climatique comme les premiers risques pour la santé humaine en 2019. À l’heure du capitalocène (cette nouvelle ère géologique engendrée par l’influence du capitalisme sur l’écosystème terrestre), les liens étroits entre la santé et l’environnement sont donc plus que jamais d’actualité.

Or, la question n’est pas neuve. Dès le Ve siècle avant J.-C., les médecins hippocratiques avaient mis en évidence le rôle de l’environnement dans la compréhension et la prise en charge de la santé. Le traité Airs, eaux, lieux indiquait ainsi l’importance pour le médecin de comprendre l’influence des saisons, des vents, des climats et de la géographie sur la constitution des individus et leurs possibles atteintes pathologiques. Sa relecture fut d’ailleurs à l’origine de l’hygiénisme moderne qui porta, dès le XVIIIe siècle, attention aux espaces de vie et à la circulation des éléments en leur sein. Mais l’émergence, à la fin du siècle suivant, du laboratoire comme passage obligé pour le développement des sciences de la santé, a progressivement fait oublier l’importance du contexte entourant l’existence de l’être humain pour aborder sa santé. La transformation de la planète Terre en environnement toxique et pathogène, du fait d’un certain type d’activité humaine, nous rappelle aujourd’hui, par exemple avec la multiplication des maladies chroniques aux quatre coins de la planète, l’importance et l’urgence de questionner les relations entre la santé et l’environnement. C’est tout l’enjeu de cette nouvelle saison de La santé en débat.

Comment la crise environnementale nous conduit-elle à redéfinir le concept de santé ? Qu’est-ce qu’une « santé écologique » ? Quels sont les enjeux sociaux, éthiques et politiques associés à un tel concept ? Comment une planète devenue toxique s’incorpore et se décline en « corps toxiques » inégalement répartis ? Quels sens prennent alors les maladies et leur chronicité dans ce contexte ? Comment la crise environnementale nous conduit-elle à repenser les modèles et les pratiques du soin ? Quelles sont les transformations sociales associées à ces modifications du monde de la santé à l’ère du capitalocène ? Comment s’organisent les réponses individuelles et collectives aux risques associés aux changements climatiques ? Et quels horizons dessinent les mouvements sociaux émergeant autour de la santé environnementale et de la justice climatique ? Ce sont ces questions (et bien d’autres) que nous souhaitons aborder au cours de cette saison et autour des interventions de différent.e.s expert.e.s issu.e.s de différentes disciplines des sciences humaines et sociales et s’intéressant aux questions de santé.


  • Mercredi 25 septembre 2019 : Marie-Hélène Parizeau (Université Laval) : À l’heure des défis globaux, pour un nouveau paradigme de la santé: la santé écologique. 
  • Jeudi 17 octobre 2019 : Céline Campagna (INSPQ) : Changements climatiques et impacts sur la santé : bilan des enjeux et opportunités pour l’action.
  • Jeudi 7 novembre 2019 : Louise Vandelac (UQAM) : Santé environnementale, écosanté, santé à l’ère de l’anthropocène et de la collapsologie: repenser d’urgence la santé.
  • Jeudi 28 novembre 2019 : Lucie Sauvé (UQAM) et Étienne van Steenberghe (Centr’ERE) : L’éducation relative à la santé environnementale: défis contextuels.
  • Mercredi 4 décembre 2019 : Bénédicte Ramade (Université de Montréal) : De la pollution à l’empoisonnement, arts de l’Anthropocène.

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